Voyager végé #2 : 50 nuances de sauce tomate

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Long et semé d’embûches est le chemin qui mène au véganisme. Vous voyez s’éloigner omelettes, pâtes à la crème et parmesan goûteux. Vous pensez vous approcher de la voie de la perfection et vous découvrez avec horreur que le paquet de cookies à moitié vide auprès de vous est rempli d’œufs produits dans un élevage où les poules n’ont même pas l’équivalent d’un demi CD pour se déplacer. C’est le drame ! Tout est à recommencer. Nous sommes très loin d’être irréprochables mais nous essayons petit à petit de faire du mieux que nous pouvons quand un nouvel obstacle surgit : la cuisine en van. Comment faire avec des plats tout préparés qui ne doivent pas être mis au frigo ? La Borat Soup dont vous avez eu la genèse la dernière fois ne peut être ingérée à plusieurs reprises sans dommages corporels irréversibles.

 Mais il existe une solution pour le pauvre campeur affamé : les bocaux. Vous errez au bord de l’inanition dans une allée de supermarché lorsque votre attention est attirée par une rangée de bocaux brillants et roboratifs. Bien sûr vous esquivez habilement cassoulet et autres saucisses-lentilles mais il en reste assez : tajine de légumes, ratatouille provençale et même raviolis végétariens. Autant de noms doux à l’oreille qui garantissent un festival de saveurs à vos papilles. Mais enfer et damnation il y avait un piège ! La première dégustation se passe bien, à la deuxième vous avez un doute, à la troisième une certitude. Sapristi ! Tout a quasiment le même goût. Comment cela se fait-il ? La sauce tomate. Tous ces plats ont visiblement été amoureusement mitonnés dans une immense cuve en acier où sont jetées des milliards de tomates innocentes. Une fois transformées en un magma rouge et potentiellement nutritif, elles sont dispatchées dans des usines qui ajoutent un petit bout d’aubergine, une demi-courgette et un nom du terroir. (Je précise que tout cela n’est qu’une supposition hasardeuse, je n’ai aucune expérience de l’agroalimentaire, je m’excuse d’avance si j’ai blessé une société ou une tomate). Au bout du quatrième jour vous rêvez d’un pot de pesto mais malheureusement il y a du parmesan dedans et vous vous rabattez sur des aubergines à la tomate (il y avait pénurie de noms évocateurs ce jour-là).

La vie en van est dure mais malgré une certaine monotonie, il faut avouer qu’il n’y a rien de plus doux un jour de pluie froid et brumeux que de contempler dans sa gamelle en ferraille une plâtrée de pâtes, riz, boulgour etc… recouverte d’une bonne sauce tomate au goût certes monotone mais ô combien réconfortant.

Petit jeu : saurez-vous discerner ce que cache cette généreuse sauce tomate?